REUNION ANNUELLE ET 10EME FORUM DE DIALOGUE POLITIQUE DU GROUPE DE TRAVAIL INTERNATIONAL SUR LES ENSEIGNANTS.

REUNION ANNUELLE ET 10EME FORUM DE DIALOGUE POLITIQUE DU GROUPE DE TRAVAIL INTERNATIONAL SUR LES ENSEIGNANTS.

Partager sur :

Facebook
Twitter
LinkedIn

C’est le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de Recherche du Togo, Prof. Octave Nicoué BROOHM qui a ouvert les travaux de ce 10ème Forum de dialogue politique de l’équipe spéciale internationale sur les enseignants le mardi 19 septembre 2017 à Lomé.

Prennent part à cette rencontre initiée par l’Organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture UNESCO en collaboration avec le gouvernement togolais, les experts, les syndicats des enseignants, les parents d’élèves et les organisations internationales œuvrant dans le domaine de l’éducation.

L’objectif visé est de parvenir à définir des orientations stratégiques pour donner les moyens nécessaires aux enseignants afin de mieux exercer leur profession. Les participants ont planché sur plusieurs thématiques à savoir : les compétences et aptitudes de l’enseignant, les valeurs éthiques et morales, les modes de gouvernance des enseignants et la prise en compte de la diversité dans la pratique enseignante.

 

Le thème retenu pour ce 10ème forum est  » Enseigner : une profession ». A terme, il est question d’amener les enseignants à une éducation de qualité pour tous. Le Togo comme les autres pays en développement consacre une bonne partie de leur budget national (21% pour le Togo) au développement de l’éducation.

Pour atteindre l’objectif de développement durable (ODD) 4, le monde devra augmenter l’offre d’enseignants, en particulier dans les pays en développement et les petits États insulaires en développement. Les dernières statistiques indiquent que pour atteindre l’éducation primaire universelle d’ici à 2020, il est prévu que les pays devront recruter un total de 10,9 millions d’enseignants du primaire. En 2030, la demande devrait atteindre 25,8 millions d’enseignants. Mais un système d’éducation de qualité est plus qu’un simple problème d’offre et de demande. C’est pourquoi la cible 4.c de l’ODD 4 fait une référence spécifique à la question de la qualité.

En effet, la Déclaration d’Incheon et le Cadre d’action pour l’éducation 2030 adoptés par les États membres en mai 2015 pour la mise en œuvre de l’ODD 4 engageaient les États membres à «garantir que les enseignants et les éducateurs soient habilités, recrutés adéquatement, bien formés, professionnellement qualifiés , motivés et soutenu par des systèmes dotés de ressources suffisantes, efficaces et régies efficacement ».

Depuis l’adoption des ODD et du Cadre d’action, l’objectif du Groupe de travail international sur les enseignants est d’utiliser la plate-forme de ses forums de dialogue politique annuels pour présenter la signification et les implications de la cible des enseignants à ses membres et partenaires.À cette fin, le 8ème Forum de dialogue politique en 2015 a centré les discussions sur «La mise en œuvre de la cible des enseignants dans les objectifs de développement durable et l’éducation 2030». Le 9ème Forum a abordé le thème de la motivation des enseignants. Poursuivant dans cette voie, le thème du 10ème Forum, qui se tiendra à Lomé au Togo, est de dévoiler le concept de «professionnellement qualifié».

 

La question de la qualité des enseignants imprègne tous les discours sur l’amélioration des systèmes éducatifs et des résultats d’apprentissage des élèves. En effet, pour que les enfants soient adéquatement préparés pour le marché du travail complexe d’aujourd’hui – et pour vivre comme des citoyens responsables dans nos sociétés diverses et interconnectées- ils doivent développer les connaissances et les compétences appropriées pour le 21ème siècle. Une éducation de qualité doit aujourd’hui aller au-delà des compétences des enfants en lecture, en mathématiques et en sciences. Une éducation de qualité a aujourd’hui besoin d’enseignants capables de travailler avec les enfants pour les aider à être des penseurs créatifs et critiques; les enfants qui peuvent collaborer et communiquer avec des personnes de cultures diverses; des enfants qui peuvent être des innovateurs tout en défendant la justice environnementale et sociale. Le monde d’aujourd’hui a besoin d’enseignants professionnels hautement qualifiés qui peuvent former les futurs citoyens du monde dans lequel nous voulons vivre.

Le défi consiste à savoir comment mettre en œuvre, soutenir et surveiller la qualité des enseignants. Au minimum, les gouvernements peuvent réglementer le niveau minimum de qualifications formelles requises pour devenir enseignant. Une «qualification» est généralement définie comme le résultat formel d’un processus d’accréditation ou de validation qui certifie qu’un individu a acquis les connaissances, compétences selon des normes spécifiques.

Pour ce faire, les pays peuvent établir que la qualification minimale requise pour devenir enseignant est un baccalauréat. Le but est d’assurer une compréhension commune des connaissances, des compétences et des autres compétences minimales requises pour qu’un individu puisse entrer dans la profession.

Les qualifications formelles, cependant, ne sont que la première étape dans le processus de devenir un enseignant. Les qualifications fonctionnent conjointement avec les «normes» d’enseignement. De manière générale, les normes décrivent ce que les enseignants devraient savoir et être capables de faire, y compris les niveaux de performance souhaitables à différents stades de la carrière d’un enseignant.

 

En ce sens, les normes peuvent être utilisées pour définir et mesurer la compétence d’enseignement par rapport aux connaissances, compétences et attitudes qui sont valorisées dans une profession. Dans certains pays, les normes d’enseignement sont conçues, surveillées et régies par des conseils pédagogiques professionnels, avec lesquels les enseignants doivent s’inscrire afin d’obtenir un permis d’exercice. Les cadres de qualifications et les normes de pratique sont donc deux mécanismes que les gouvernements ou les organisations d’enseignants peuvent mettre en œuvre pour assurer un enseignement de qualité.

Les recommandations issues de ce 10ème Forum de dialogue politique ont permis : – de renforcer les échanges sur la professionnalisation de l’enseignement en dévoilant le sens et les implications du concept de «professionnellement qualifiés» ;

– de développer un rapport global sur un ensemble de normes pour la profession enseignante ;

– de discuter et s’entendre sur une compréhension commune de l’état actuel de la professionnalisation de l’enseignement et sur la façon de formaliser l’enseignement en tant que profession;

– de faire le bilan des progrès et partager les bonnes pratiques sur le thème général et les sous-thèmes afin de développer un ensemble global de normes de base pour l’enseignement;et

– de promouvoir la collaboration et le travail en réseau parmi les parties prenantes sur la poursuite de la recherche et le plaidoyer aux niveaux national, régional et mondial afin d’informer la mise en œuvre et le suivi des ODD 4.c.

 

 

 

 

Voici en intégralité le discours d’ouverture du Prof. Octave Nicoué BROOHM, Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche.

 

  • Monsieur le Ministre des enseignements primaire, secondaire et de la formation professionnelle,
  • Monsieur le Ministre chargé de l’enseignement technique et de la formation professionnelle,
  • Madame le Ministre de l’action sociale, de la promotion de la femme et de l’alphabétisation,
  • Monsieur le Directeur régional de l’UNESCO pour l’Afrique de l’Ouest,
  • Monsieur le Directeur de la Division de l’UNESCO pour l’appui et la Coordination de l’Agenda Education 2030,
  • Messieurs les Ambassadeurs plénipotentiaires auprès de l’UNESCO,
  • Monsieur le Chef du Secrétariat de l’Equipe spéciale internationale de l’UNESCO sur les enseignants,
  • Mesdames et messieurs les Secrétaires généraux et Directeurs de cabinet des ministères en charge de l’éducation au Togo,
  • Mesdames et messieurs les Représentants des Partenaires Techniques et Financiers du secteur de l’éducation ;
  • Mesdames et Messieurs les représentants des ONG et de la société civile,
  • Mesdames et Messieurs les Directeurs Centraux et Régionaux des différents départements ministériels ;
  • Mesdames et messieurs les membres de l’Equipe spéciale internationale de l’UNESCO sur les enseignants,
  • Honorables invités ;
  • Mesdames et Messieurs,

 

Après De Siem Reamp au Cambodge, en 2016, notre pays, le Togo, s’honore d’accueillir, à Lomé, cette année, le 10ème Forum de dialogue politique de l’Equipe spéciale internationale de l’organisation des Nations-Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) sur les enseignants et portant sur une thématique aussi stratégique que la professionnalisation de la fonction enseignante.

Au nom du Chef de l’Etat, du gouvernement et du peuple togolais, je voudrais souhaiter la plus cordiale bienvenue à toutes les délégations.

Chères participantes et chers participants,

Le choix du Togo pour abriter ce grand rendez-vous qui regroupe d’éminentes personnalités du paysage éducatif mondial, notamment des experts, praticiens, enseignants, représentants de la société civile, des parents d’élèves, des syndicats d’enseignants et des organisations internationales, est un signe de confiance renouvelée vis-à-vis de notre pays et une marque de reconnaissance pour notre inlassable engagement au sein de cette célèbre institution spécialisée des Nations-Unies sur l’éducation. Nous sommes très heureux de vous accueillir à Lomé et je puis vous assurer que vous êtes en sécurité ici en terre togolaise. Je vous invite à rester sereins et à vous sentir comme chez vous.

Mesdames et messieurs,

La question enseignante, faut-il le rappeler, reste une préoccupation de tout temps. Dans la plupart des pays, elle a fait l’objet de nombreux fora d’échanges, très souvent, initiés dans un contexte d’instabilité sociale et de grèves des enseignants. Elle prend, de nos jours, un relief tout particulier, car elle n’est plus simplement une réponse à une demande. Elle change désormais de perspective en intégrant une dimension toute nouvelle mais beaucoup plus exigeante, celle de la qualité.

Cette exigence nouvelle du système éducatif a amené, sans aucun doute, en 2015, la Communauté internationale à consacrer le quatrième objectif pour le développement durable à l’éducation, visant à « assurer une éducation de qualité inclusive et équitable, et promouvoir l’opportunité d’une formation tout au long de la vie pour tous».

Je suis convaincu que la réalisation de cet objectif dépend, dans une large mesure, de la formation en quantité suffisante d’enseignants de qualité comme le précise bien la Déclaration d’Incheon en Corée du Sud, en ces termes : « Nous nous assurerons que les enseignants et les éducateurs soient valorisés, recrutés selon les besoins, bien formés, qualifiés, motivés et soutenus à travers des systèmes gouvernementaux bien financés, efficients et efficaces ».

Aujourd’hui, le monde entier s’accorde donc à reconnaître l’importance capitale des enseignants dans le développement des systèmes éducatifs et la mise en œuvre des réformes. Etant les plus nombreux en effectif, les enseignants doivent jouer un rôle de premier plan dans le processus d’amélioration de la qualité des apprentissages dans les écoles et, ceci ne peut s’obtenir qu’avec des enseignants bien formés, bien encadrés et suffisamment motivés.

Nous avons l’habitude de dire au Togo que : tant vaut l’école, tant vaut la nation ! La noblesse de la mission des enseignants est sans aucun doute prégnante dans l’acquisition des résultats d’apprentissage par rapport à d’autres facteurs tels que les ressources financières, le matériel didactique et l’environnement familial.

Etre enseignant, pour paraphraser le Président François Mitterrand, ce n’est pas seulement un choix de carrière, mais c’est aussi un choix de vie. A cet égard, en tant que principal facteur de succès des réformes éducatives, les enseignants doivent être, non pas des amateurs, mais plutôt des professionnels avertis, à qui on doit accorder tout le respect qu’ils méritent.

La thématique de cette rencontre répond parfaitement à cette vision d’autant plus que son objectif est de renforcer les échanges sur la professionnalisation de l’enseignement en élucidant la signification et les implications de la notion même de « qualifications professionnelles satisfaisantes » afin d’en dégager les normes fondamentales pour une profession réussie.

Incontestablement, la question enseignante présente non seulement des atouts majeurs mais aussi des défis importants à relever.

En premier lieu, la question enseignante est au cœur des préoccupations gouvernementales quel que soit le pays. Ces atouts peuvent concerner notamment, la priorité budgétaire allouée à l’éducation en dépit des contraintes macroéconomiques, la politique salariale attractive, les opportunités de mobilité professionnelle et l’existence de cadres de médiation et de dialogue social, dont les résultats pourront faire l’objet d’échanges ou de partages entre les acteurs, en l’occurrence les syndicats d’enseignants et les associations de parents d’élèves.

En second lieu, les défis à relever sont nombreux. On peut citer, l’accroissement des capacités de formation initiale des enseignants, l’amélioration de la qualité de la formation professionnelle, l’organisation du système de formation continue, la définition d’une nouvelle politique de recrutement en phase avec les besoins, la prise en compte de la soutenabilité de la politique salariale sur le long terme, l’amélioration du déploiement des enseignants et l’effort de modernisation du système d’information statistique.

Il importe également de relever que les nouveaux besoins de la société imposent un changement de paradigme sur le métier d’enseignant. Comme vous le savez tous, le développement des connaissances scientifiques, les transformations du marché du travail, l’expansion démographique, le développement des technologies de l’information et de la communication, l’internationalisation des échanges et l’émergence d’une société de savoir sont autant de facteurs qui entraînent de grands changements dans l’exercice de la profession enseignante et qui nécessitent des réformes quant au mode de recrutement, de formation, de rémunération, de déploiement, de maintien et de gestion des enseignants.

Il urge donc de réfléchir à des stratégies appropriées de professionnalisation des enseignants pour la qualité de l’éducation.

Mesdames et messieurs,

Le Togo se retrouve parfaitement dans ce sujet au cœur du débat. Je peux vous faire la confidence qu’il en sera certainement le premier bénéficiaire, en ce sens qu’il est à la recherche de solutions durables aux problèmes liés à la fonction enseignante.

On soulignera tout de même, plus globalement, des initiatives prises ces dernières années pour résoudre les problèmes du secteur éducatif.

D’abord, pour pallier l’insuffisance de plus en plus inquiétante d’enseignants, le Togo a repris, à partir de 2010, la formation initiale des enseignants dans les Ecoles Normales d’Instituteurs (ENI) et à l’Ecole Normale Supérieure (ENS) avant leur prise de fonction. Un effort est consenti pour recruter annuellement environ 1800 enseignants pour les niveaux préscolaire, primaire et secondaire.

Ensuite, dans le souci de renforcer les capacités des enseignants directement recrutés, le Togo a organisé des formations initiales de rattrapage à leur intention et a repris la formation continue des enseignants de tous les niveaux.

Enfin, des efforts se poursuivent en vue d’améliorer les conditions de vie et de travail des enseignants. On peut citer, par exemple, l’octroi aux enseignants des primes d’incitation à la fonction enseignante, de rentrée et de bibliothèque, l’élaboration du statut particulier des enseignants avec une définition claire d’un plan de carrière, l’appui à l’éducation inclusive dans la politique de développement des enseignants, etc.

Plus particulièrement, depuis 2011, le Togo a adhéré aux objectifs de l’Equipe spéciale internationale sur les enseignants en nommant un point focal pays qui participe régulièrement aux rencontres internationales sur les enseignants, dont les résultats ont toujours orienté nos stratégies sur les enseignants. En outre, le Togo a mis en place en novembre 2016 une équipe technique chargée d’élaborer la politique nationale sur les enseignants, dont les travaux sont en cours et avancent bien.

Mesdames et Messieurs,

Le thème de cette rencontre qui s’ouvre revêt une importance capitale et c’est le lieu de remercier les plus hautes autorités du pays, particulièrement le Président de la République, son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé, pour l’attention soutenue qu’il accorde au secteur de l’éducation et pour avoir permis la tenue de ces assises au Togo.

J’adresse également toutes les reconnaissances de l’Etat togolais à l’UNESCO pour avoir accepté de nous confier l’organisation de ce forum, ainsi qu’à tous les partenaires techniques et financiers de l’Education qui ne cessent d’accompagner les pays en développement dans leurs efforts quotidiens en vue d’offrir une éducation de qualité à tous les citoyens.

Je m’en voudrais de ne pas féliciter les membres du comité d’organisation pour la qualité du travail abattu, pour que cette rencontre se tienne dans de bonnes conditions.

Je reste convaincu que les résultats de vos travaux permettront à nos différents pays de disposer d’orientations stratégiques pouvant permettre à nos systèmes éducatifs de relever les défis importants de l’heure.

C’est donc avec un grand optimisme que je déclare ouverts, les travaux du dixième Forum de l’Equipe spéciale internationale de l’UNESCO sur les enseignants.

 

Je vous remercie.

 

(Seul le prononcé fait foi)

 

Cellule de communication du MESR