Lancement du projet UNESCO-Fonds-en-dépôt de Shenzhen au Togo

Lancement du projet UNESCO-Fonds-en-dépôt de Shenzhen au Togo

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Le projet UNESCO-Fonds-en-dépôt de Shenzhen dont le but est de renforcer l’assurance qualité dans l’enseignement supérieur en Afrique, a été officiellement lancé au niveau national au Togo le 21 novembre 2017, à l’Institut Confucius, à l’Université de Lomé, en collaboration avec le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche du Togo, le Bureau régional multisectoriel de l’UNESCO à Abuja et l’Université de Lomé.

La cérémonie de lancement au Togo a donné lieu à des discours d’invités prestigieux tels que S. E. M. Octave Nicoué Broohm, Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche du Togo, et de S. E. M. Yuxi Liu, Ambassadeur de la République populaire de Chine au Togo. Le Professeur Komlan Batawila, Vice-Président de l’Université de Lomé, le Professeur François Kuassi Deckon, point focal du projet au Togo, Mme Tortian Hassmik, spécialiste de programme au Siège de l’UNESCO, et M. Abdoulaye Salifou, spécialiste de programme au Bureau de l’UNESCO à Abuja, étaient également présents à la cérémonie, ainsi que plus de 300 représentants d’établissements d’enseignement supérieur, du gouvernement, d’agences de développement, d’organisations de la société civile et du secteur privé.

C’est un projet financé par le Gouvernement municipal de Shenzhen en Chine, dans le but de renforcer les systèmes d’enseignement supérieur aux niveaux institutionnel, national et régional dans les pays africains en mettant au point des mécanismes d’assurance qualité. S. E. M. Yuxi Liu, Ambassadeur de la République populaire de Chine au Togo, a exprimé l’espoir que le projet fournisse au Togo un soutien essentiel pour améliorer son mécanisme d’assurance qualité dans l’enseignement supérieur en vue de son développement durable.

En tant qu’un des dix pays bénéficiaires du projet, le Togo a pour objectif de créer son agence nationale d’assurance qualité avec le soutien technique de l’UNESCO.

« Nous devons maintenant adopter l’approche de qualité en tant que facteur structurel dans nos décisions et actions », a dit le Professeur Komlan Batawila, Vice-Président de l’Université de Lomé. Le Professeur François Kuassi Deckon, point focal du projet au Togo, a indiqué que le Togo mettrait l’accent sur la promotion de la culture de l’assurance qualité en menant des campagnes de sensibilisation, en renforçant les capacités des professionnels de l’assurance qualité, et en créant une agence nationale d’assurance qualité ainsi que des unités internes d’assurance qualité dans les universités.

« Pour tirer pleinement parti de l’investissement en capital humain, la qualité de l’enseignement supérieur doit être améliorée en Afrique subsaharienne, ce qui se traduira par l’amélioration des capacités technologiques et de la productivité », a déclaré M. Abdoulaye Salifou, spécialiste de programme au Bureau de l’UNESCO à Abuja, qui s’est adressé au public au nom de M. Yao Ydo, directeur du Bureau régional multisectoriel de l’UNESCO à Abuja.

Mme Tortian Hassmik a rappelé que l’UNESCO continuerait de fournir un appui technique au Togo pour l’établissement de l’agence nationale d’assurance qualité en facilitant l’accès aux bonnes pratiques, en renforçant les capacités et en soutenant la création de réseaux avec les agences d’assurance qualité existantes.

Outre le Togo, les autres pays participants sont la Côte d’Ivoire, l’Égypte, la Gambie, le Malawi, le Mali, la Namibie, le Niger, le Sénégal et la Zambie.

Aussi faut-il signaler que la poursuite du développement de l’enseignement supérieur en Afrique repose sur l’exploitation faite de l’élan dont bénéficie l’assurance qualité, ce qui implique la mise en place de systèmes aux niveaux national, sous-régional et régional. Les principaux défis concernent le financement et l’expertise technique nécessaire pour conduire des activités d’assurance qualité pour l’évaluation, l’accréditation et la reconnaissance des programmes et institutions d’enseignement supérieur. Pour surmonter ces problèmes critiques, l’UNESCO et le gouvernement municipal de Shenzhen, en Chine, ont lancé le projet « Renforcer l’assurance qualité dans l’enseignement supérieur en Afrique ».

Le projet se déroule de 2017 à 2019 avec le soutien de la République populaire de Chine et la contribution financière du gouvernement municipal de Shenzhen, en étroite collaboration avec les Bureaux régionaux multisectoriels de l’UNESCO pour l’Afrique de l’Ouest à Abuja et Dakar, le Bureau régional pour l’Afrique australe à Harare et le Bureau de l’UNESCO au Caire. Le projet porte sur 10 pays africains : Côte d’Ivoire, Égypte, Gambie, Malawi, Mali, Namibie, Niger, Sénégal, Togo et Zambie.

L’objectif général vise à renforcer les systèmes d’enseignement supérieur aux niveaux institutionnel, national et régional dans les pays d’Afrique, par le développement de mécanismes d’assurance qualité. Il complétera aussi des efforts de l’UNESCO visant à faciliter l’internationalisation de l’enseignement supérieur et la mise en œuvre de la Convention d’Addis.

Les objectifs spécifiques sont :

. Soutien à la mise en place de nouvelles agences d’assurance qualité en Côte d’Ivoire, au Mali, au Niger, au Togo et en Zambie, en facilitant l’accès aux bonnes prati ques, en développant les capacités et en soutenant la mise en réseau avec les agences AQ existantes

. Renforcement des capacités institutionnelles des agences AQ récemment établies en Égypte, en Gambie, au Malawi, en Namibie et au Sénégal par le renforcement des capacités des professionnels AQ, le partage des connaissances et le développement d’outils AQ

. Consolidation des réseaux d’assurance qualité existants en Afrique, y compris le Réseau d’assurance qualité africain (AfriQAN) et le Réseau d’assurance qualité d’Afrique de l’Est (EAQAN) par le croisement d’idées, le partage des meilleures pratiques et le développement d’outils de reconnaissance mutuelle.

 Lancement du projet UNESCO-Fonds-en-dépôt de Shenzhen au Togo

 

Voici en intégralité le discours de Monsieur le Ministre :

 

 

 

 MINISTERE DE L’ENSEIGNEMNT                                    REPUBLIQUE TOGOLAISE

SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE                                     Travail-Liberté-Patrie

                             ———                                                                            ——–

Allocution d’ouverture du

Professeur Octave Nicoué BROOHM

Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche

 

 

Cérémonie de lancement du Projet UNESCO-SHENZHEN

 

Date : Lomé, 21 novembre 2017

Lieu : Auditorium de l’Institut Confucius

 

Chers Collaboratrices et Collaborateurs du ministère de l’enseignement supérieur,

Mesdames, messieurs les experts de l’UNESCO du siège et du bureau d’ABUJA,

Monsieur le recteur Francisco SEDDOH, cher ami,

Monsieur le premier vice-président de l’Université de Lomé représentant son président, Mesdames et messieurs les vice-présidents des universités publiques,

Mesdames et messieurs les présidents, directeurs, fondateurs (les titres sont variés) des institutions d’enseignement supérieur privé,

Mesdames et messieurs les directeurs, directrices des institutions, les directeurs centraux de l’administration.

Professeur DECKON, point focal, coordinateur du projet UNESCO-SHENZHEN,

Monsieur le président de la Haute Autorité de la Qualité, chers membres du club UNESCO, Honorables invités, mesdames et messieurs.

Je suis très honoré de l’occasion qui m’est donnée de présider ce matin la cérémonie de lancement du projet UNESCO-SHENZHEN, de renforcement de l’assurance qualité en  Afrique. Je voudrais avant toute chose, souhaiter à vous tous, venus pour prendre part à cette cérémonie, la plus chaleureuse et cordiale bienvenue. Je vous vois mobilisés en grand nombre, diversifiés anciens responsables, responsables actuels ici réunis et j’ai puis dire sans me tromper que l’assurance qualité mobilise et à juste titre ce qu’il y a de meilleur dans l’enseignement supérieur. Je voudrais particulièrement exprimer toute ma gratitude au gouvernement de la République Populaire de CHINE, au gouvernement de la municipalité de SHENZHEN. Monsieur l’Ambassadeur, vous voudriez bien transmettre la gratitude du gouvernement togolais. La gratitude du gouvernement va aussi à l’UNESCO du siège et du bureau d’ABUJA. Vous avez pu écouter les pays éligibles, le TOGO s’est engagé dans cette perspective alors que d’autres étaient déjà en marche et pourtant bien qu’en retard nous avions été élus. Cela s’explique par la détermination de tous ceux qui ont œuvré dans le processus.  Je voudrais rendre un hommage mérité à l’équipe nationale du projet UNESCO-SHENZHEN qui a  travaillé avec acharnement à la naissance de ce projet, notamment le professeur DECKON mais aussi au Professeur SEDDOH, mon cher aîné qui est ici présent et qui nous a représentés jusqu’en novembre au Conseil Exécutif de l’UNESCO.

Mesdames et messieurs, la promotion de la structure d’assurance qualité n’est pas un luxe et je suis heureux parce que nous sommes là en ce moment sur le point de faire de nouveaux sauts qualitatifs avec ce projet. Je dis que cette promotion n’est pas un luxe, mais un engagement de nous tous pour le développement, d’une économie du savoir et d’une éducation inclusive de qualité, indispensable au décollage de nos Etats. Il convient de saluer le processus d’intégration et de renforcement de la confiance en cours dans nos pays autour des principes fédérateurs d’égalité, d’interdépendance, de coopération inter-Etats de solidarité et d’autonomie collective, d’harmonisation des politiques et des programmes d’intégration de reconnaissance des qualifications etc. Nous devons nous rappeler et ne pas perdre de vue que l’enseignement supérieur dans nos pays, je veux dire les pays en développement, pays africains en l’occurrence comme le nôtre, l’enseignement supérieur est toujours en transition.

En effet, face aux défis de la massification et aux prises avec les nouvelles exigences de la mondialisation et d’une  économie du savoir hautement concurrentielle, il est plus que jamais nécessaire de stimuler la mise en place de systèmes nationaux, sous-régionaux et régionaux d’assurance qualité.

L’utilisation concurrentielle du savoir n’est pas un effet de mode, elle est au cœur des avantages comparatifs des pays et de tout le système d’enseignement supérieur. Et l’université, en tant que bien public mondial, dans son rôle d’avant-garde n’a donc d’autres choix que de s’ouvrir aux nouveaux espaces mondiaux régis par des standards internationaux d’accréditation et de reconnaissance.

Vous conviendrez ainsi avec moi que la mise en œuvre active de la convention révisée d’Addis-Abeba sur la reconnaissance mutuelle des  diplômes, certificats et grades en lien avec les organes en l’instar du CAMES concourent  non seulement à la mobilité universitaire mais aussi à la visibilité de nos systèmes d’enseignement supérieur. Je tiens donc à saluer le présent projet UNESCO-SHENZHEN dont nous procédons aujourd’hui au lancement.

Conformément aux sections 2,3 et 4 de la convention d’ADDIS-ABEBA qui visent à aider les systèmes d’enseignement supérieur, à développer davantage leurs mécanismes d’assurance qualité, à mettre en place des outils d’évaluation de la qualité nécessaire pour faciliter la reconnaissance de crédits, des programmes d’étude, des programmes de qualification et à contribuer ainsi à l’amélioration de la mobilité transnationale des étudiants. L’assurance qualité a, en somme, pour mission de garantir la qualité du système d’enseignement supérieur dans ses institutions et ses filières de formation.

Pour ce qui concerne notre pays, le TOGO, il faut rappeler que l’opérateur d’assurance qualité externe est déjà prévu. En effet, un décret portant organisation du fonctionnement du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche adopté en Conseil des ministres le 04 novembre 2015, a  innové en admettant dans le principe la création d’une agence nationale de la qualité. Le système d’assurance qualité tel que voulu par la loi est global et obligatoire. Mais il ne relèverait effectivement les défis de la légitimité que lorsque toutes les parties prenantes percevront ces fruits dont le principal est l’amélioration continue de la qualité des institutions et des programmes ou offres de formation.

La condition préalable de l’amélioration continue de la qualité est aussi une large adhésion de toutes les parties et c’est pour cela que je me réjouis de votre  présence diversifiée dans cette salle. Je voudrais une fois de plus lancer un appel à chacun de vous, dirigeants des établissements d’enseignement supérieur public comme privé. Il nous faut gagner au-delà des intentions, des professions de foi et agir. Chacun de vous devra mettre, le moment venu, à la disposition la cellule d’assurance et les moyens matériels et financiers nécessaires. Pour ce faire, je vous suggère, par exemple, une mesure simple et pratique que vous connaissez, que chaque dirigeant prenne sa part de responsabilité en faisant insérer dans le prochain budget de son établissement une ligne dédiée à l’assurance qualité. Cela pourra traduire ainsi dans les faits, l’engagement qui est le sien.

Le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche en lien avec ses partenaires continuera en ce qui le concerne à jouer pleinement sa partition en apportant toute l’assistance technique dont vous avez besoin.

Pour le gouvernement, la promotion de l’enseignement supérieur de qualité, la montée en puissance d’un capital humain de haut niveau, sont une priorité nationale. Il n’a eu de cesse initier et d’accompagner toutes les stratégies visant à repenser, à recadrer, à harmoniser nos pratiques, à actualiser nos protocoles sur l’éducation. Je me réjouis plus particulièrement des efforts du gouvernement qui a tout mis en œuvre pour que la convention d’Addis-Abeba soit enfin ratifiée. Il mettra tout en œuvre pour l’accompagnement et le suivi du projet que nous portons ce jour sur les fonds baptismaux. Aussi, est-il conscient des nombreux enjeux et défis à relever tels que le financement et l’expertise technique, la problématique du cadre d’accréditation et des programmes d’enseignement  ouvert et à distance, la rigueur dans la révision continue des normes académiques minimales et les normes minimales obsolètes utilisées pour l’accréditation etc. Mais avec la mobilisation de nous tous ici réunis, dans le cadre de cet ambitieux projet, nous pouvons gagner le pari de faire une fois encore un pas décisif, un saut qualitatif dans l’édification de notre système d’enseignement supérieur, je compte sur vous, sur toutes et tous.

Je vous remercie.

(Seul le prononcé fait foi)

 

Cellule de communication du MESR